La “dissonance cognitive“ ou l’art de s’arranger avec soi-même [Partie 1]

dissonance cognitive


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Introduction

“ Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre “ résume bien ce que peut-être la dissonance cognitive, nous y sommes tous confronté, que ce soit pour des petites choses banales du quotidien, ou des choix de vie cruciaux.

C’est à Léon Festinger que l’on doit la théorie de la dissonance cognitive, il élabore sa théorie dans les années 50, alors qu’il est professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford ( Palo Alto ) ses travaux sont reconnus et il est considéré comme un des pionniers de la psychologie sociale.

Des exemples concrets

Il y a de nombreux exemples connus qui illustrent à merveille la dissonance cognitive :

Le paradoxe de la viande : 

paradoxe de la viande

Et oui, même si c’est cruel, votre magnifique steak (cuit à point) fût un jour un joli petit veau, et si, alors que vous êtes en train de diner au restaurant avec un ami végétarien, cet ami commence à vous expliquer la cruauté dont vous faites part en mangeant cette viande, trois choix rhétoriques s’offrent à vous :

  • Choix numéro 1 : Vous êtes d’accord avec lui, ce veau est très mignon, et vous devenez instantanément végétarien pour le reste de votre vie.
  • Choix numéro 2 : Vous n’êtes pas d’accord, vous assumez complètement votre cruauté, d’ailleurs il n’est pas si mignon ce veau…
  • Choix numéro 3 : Vous êtes d’accord… MAIS….

Faisons un léger arrêt sur le choix numéro trois, car c’est bien à ce moment que la dissonance cognitive fait son entrée, il va s’agir à ce moment de justifier votre comportement, qui est pourtant en totale contradiction avec ce que vous éprouvez, à savoir une empathie naturelle cet animal.

Il va donc s’agir de justifier ce paradoxe, par des arguments, pour éviter une gêne interne.

De nombreux arguments vont ainsi pouvoir venir justifier le fait de manger de la viande :

  • “ C’est la chaîne de la vie, nous sommes carnivores “
  • “ Les animaux sont anesthésiés avant d’être tué, ils ne souffrent pas “

Un classique sera également de prendre comme argument le fait de ne pas être le seul dans ce cas, ou se dédouaner de toute responsabilité.

“ nous sommes des milliards sur terre à manger de la viande, ce n’est pas moi qui fait changer les choses ! “ ou “ Je ne suis pas responsable de la mort de cet animal, je suis juste au restaurant en train de diner “

Un autre exemple souvent cité vient de Jean De La Fontaine, avec une de ses fables “ Le renard et le raisin “ :

le renard et le raisin

Le renard et le raisin :

« Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
“Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. “

Fit-il pas mieux que de se plaindre ? “

Jean De La Fontaine 1668

 

L’exemple est assez parlant, il représente à merveille ce qu’est la dissonance cognitive.

La dissonance cognitive, rien de bien méchant ?

Bien évidemment, dans les exemples que j’ai cités plus haut et pour la plupart des cas, la dissonance cognitive n’aura pas d’impact et nous nous accommoderons très bien de ces petits mensonges et arrangements internes.

Les cas qui pourraient poser problème se trouvent plus dans des décisions importantes ou des choix qui nous tiennent à cœur, un exemple :

Une personne souhaitait dans sa jeunesse devenir avocat, mais ne voulant pas s’impliquer dans des études poussées, cette personne choisit un emploi de base par facilité, se convainquant par différentes manières que c’est la meilleure solution.

Les années passant, la personne s’aperçoit que sa vie et son emploi ne lui conviennent plus, deux chois s’offrent à elle :

  • Aligner son comportement avec son envie, et par exemple reprendre ses études
  • Faire le deuil définitif de son projet de jeunesse, pour ne plus être tiraillé intérieurement.

 

Le tabac :

hypnose pour arrêter de fumer Paris
Hypnose pour arrêter de fumer

Un autre exemple très rependu concerne l’addiction au tabac, une personne peut trouver tout un tas de raison pour continuer à fumer “ Ce n’est pas le moment d’arrêter “ “ Il faut bien mourir de quelque chose “ même si elle ne peut ignorer aujourd’hui la dangerosité de la cigarette, elle trouvera des façons de justifier sa consommation.

Vous ne savez maintenant plus sur ce phénomène qui nous touche tous, dans deuxième partie de cet article, j’aborderais les solutions thérapeutiques qui peuvent être adaptées à la dissonance cognitive.

Olivier Peyrega


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