Olivier Peyrega
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Il est intéressant pour moi de laisser la parole à mes confrères, et c'est dans cette optique que je vous présente aujourd'hui un article de Rémi Côté, psychologue et hypnothérapeute canadien.

Il nous présente les possibilités de l'hypnose et de l'auto-hypnose dans le cadre d'interventions chirurgicales, il nous rappelle dans cet article que la perception de la douleur est un tout, et que la façon dont nous appréhendons la douleur influe sur le ressentie de celle-ci.

Je m'associe à son article et le remercie pour cette intervention.

remi coté

Hypnose médicale

Il peut être avantageux de considérer que certaines interventions chirurgicales peuvent être facilitées par l’autohypnose de sédation. En effet, la plupart des patients peuvent assez facilement se mettre en état d’autohypnose pendant les interventions chirurgicales. 

 

La technique d’autohypnose de sédation

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Cette technique peut être réalisée par le patient qui se met par lui-même sous état d’hypnose. L’autohypnose contribue à résoudre le problème de l’anxiété préopératoire, à aménager le confort post-opératoire et à recadrer les nociceptions (perceptions de douleur).

On sait que des techniques hypnotiques, exercées par des professionnels formés en algologie, permettent d’engager un geste opératoire sans douleur, ainsi qu’une anesthésie en douceur, dans un cadre humanisant. Cependant, les techniques d’autohypnose restent des outils de choix pour les personnes qui acceptent de s’entrainer et de se conditionner.

L’hypnose clinique est un état modifié de conscience, différent de la vigilance normale. Il s’agit d’un état hypnagogique, d’hypovigilance, semblable à l’état de conscience qui précède le sommeil et qui est expérimenté par chacun au moment où on va s’endormir.

Ce n’est pas le sommeil, c’est plutôt l’état où on se sent au moment qui précède l’endormissement et le sommeil. Un peu comme ce qu’on désigne souvent comme «la somnolence accompagnée de rêveries». C’est d’ailleurs à partir de cet état appelé «Enypnion» que le concepteur de l'hypnose, Hénin de Cuvillers, créa les termes comme hypnose et hypnoscopie. Dans cet état, on peut se «dissocier» des sensations et perceptions du corps, pour accéder à une analgésie naturelle.

En contexte d’intervention médicale, cela se traduit par un vécu agréable, une acceptation du geste opératoire, un état de confiance bienveillant.

L’hypnose est donc un état de conscience que tout le monde a déjà expérimenté sans nécessairement le nommer « hypnose ».*

Dans l’état hypnotique obtenu par autohypnose, on oublie la réalité du moment pour s’échapper dans un monde imaginaire. Pour les besoins, on visualisera donc un monde agréable, ou on ressent un grand confort, une aisance, un sentiment de bienveillance. L’apaisement naturel que procure un tel processus hypnotique pourra être associé à une sédation artificielle. La tranquillité et le calme de l’hypnosédation augmenteront l’efficience des procédures analgésiques.

De nos jours, dans certaines juridictions Européennes, une formation médicale spécifique et reconnue est obligatoire pour l’utilisation de l’hypnose en contexte d’hypnosédation préopératoire. Cependant, au Québec,  ce sont les codes régissant la déontologie des différentes professions médicales qui permettent l’encadrement de l’hypno-sédation.

 

Hypnose et sedation

Les avantages de l’hypnose médicale.

Cette technique est de plus en plus reconnue et son intérêt ne réside pas simplement en ce qu’elle représente une alternative à l’anesthésie conventionnelle, mais plutôt par son pouvoir d’adjuvent à ces méthodes.

Le cadre «humanisant» de l’hypnosédation permet d’améliorer le vécu des patients. En assurant un meilleur confort, il permet d’améliorer l’expérience client lors de certains examens invasifs lors de son parcours de soins. Lorsqu’on applique ces techniques par soi-même en autohypnose, on peut prolonger l’effet et la durée de l'hypnosedation

Cette technique donne les moyens d’une prise en charge humanisée aux praticiens soucieux de minimiser l’anxiété et la douleur de son patient. En renforçant la relation de confiance entre le patient et le thérapeute en l’occurrence, le médecin, l’hypnose diminue le stress et permet d’atténuer les effets adverses de la chirurgie.

En plus de moduler l’anxiété et les perceptions, l’autohypnose permet une plus grande participation du patient qui se sent impliqué dans son vécu péri opératoire, ce qui contribue à le sécuriser et même à faciliter sa réhabilitation postopératoire.

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*Ce terme fut créé en 1814 par un Académicien des sciences de Paris, Étienne Félix d'Henin de Cuvillers, à partir de racines grecques. Il désigne, non pas le sommeil, mais l’état qui mène au sommeil. Ce concept marqua les débuts de l’étude scientifique des états de conscience.

Un article invité de Rémi Coté Ph.D.  Psychologue et hypnothérapeute à Montréal

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